samedi 14 novembre 2015

Ce Bataclan que nous aimions tant...

Chère Salomé,

Hier, après cette semaine éprouvante, je suis allée me coucher. Quand je me suis réveillée, le monde avait (encore) changé. Il avait explosé, une fois de plus.

J'ai vu ton message, j'ai vu les images, je suis allée voir tout de suite si les gens que j'aimais allaient bien. J'ai eu peur.

Je me suis rappelée de nous, sur les trottoirs parisiens, des vendredis soirs, des mercredis soirs, des dimanches soirs, à courir les rues, à traverser sans regarder, à sauter par dessus les flaques, à se plaindre du mauvais temps, à espérer finir dans la loge du chanteur, à pousser des coudes pour être devant le grand con d'1m80, à chanter à tue tête, à danser comme des cigales, à pleurer presque d'émotion, à prendre des nouvelles résolutions (la prochaine fois je ne prendrai pas ce sac il est trop lourd), à rêver d'un avenir plein de promesses et d'aventures... Et je ne veux pas penser à ce qui aurait pu se passer si on avait croisé la route de fous fanatiques, je ne veux pas penser que tous ces moments de joie auraient pu nous mettre en danger, je ne veux pas penser que nous aurions pu connaître l'horreur, que nos coeurs, galvanisés, auraient très vite pu devenir des coeurs froids.

Non, je ne veux pas y penser, il ne faut pas y penser, il faudra qu'on y retourne, tu sais, un jour quand tu seras là, quand tu reviendras. Il faudra que l'on y retourne danser au Bataclan, sauter par dessus les flaques, pousser des coudes et danser comme des cigales.



Fais attention à toi et à très vite,
Affectueusement tienne,
Victoire.

jeudi 12 novembre 2015

Où je te rappelle l'origine des choses

Chère Victoire,

Avant d'aller plus loin dans nos rubriques mode, pour femmes floues et femmes grosses, je me suis dit que j'allais te rappeler comment j'en étais arrivée là. Je veux dire, grosse. Engrossée. Ou, comme on appelle ça plus communément : "enceinte".

Bon, je ne te refais pas un dessin (même si je sais que tu en rêves, petite âme perverse) mais tu te doutes : Raphaël, en bon jardinier, a bien planté sa graine là où il fallait. 

Ni une, ni deux, j'étais engrossée, sans même encore le savoir. La preuve ? Les deux bouteilles de vin rouge bues le soir où j'ai cru que le jardinier avait encore une fois foiré son coup.

Fallait pas se laisser abattre pour autant, nous voilà quelques jours après en vacances à Lisbonne. Et toujours rien, enfin pas grand chose...
En vraie femme que je suis, j'ai toujours l'indispensable dans mon sac à main lorsque je pars en voyage : lime à ongles, Ferrero Rochers et test de grossesse.
Je dégaine donc le test, ce mercredi, pour le premier pipi du matin, vers 4h30, alors que la terre entière dort du sommeil du juste, tout comme Raphaël.
Les yeux bien petits de sommeil, sous le néon de notre salle-de-bain Air B&B, j'ai d'abord cru avoir la berlue : il me semblait voir apparaître un 2ème trait, bien plus flou que le premier. Je te laisse observer par toi-même, le flou, ça te connaît : 


Je sors en titubant de la salle-de-bain, réveille sans ménagement le géniteur, et lui montre la chose. 

Dans ma vie idéale, j'avais imaginé que je ferais un test en son absence, que je l'attendrais toute la journée, impatiente de lui annoncer la nouvelle, que je lui ferais une surprise, à base de petits chaussons, de chandelles et de tétine à son effigie, le tout dans une robe noire moulante, en mangeant des macarons.
Je n'imaginais pas que je le forcerais à courir les rues de Lisbonne à 5h du matin, échevelé, un seul Ferrero Rocher dans le ventre, pour trouver la seule pharmacie de garde, afin d'expliquer notre situation, dans un portugais très hésitant, à une pharmacienne lisboète abasourdie. Le concept de "trait flou" n'étant décidément pas international, nous sommes repartis, Raphaël et moi, munis de deux autres tests, bien décidés à en avoir le cœur net.

Ce qui fut chose faite au coin de la rue, celle-ci étant peu passante.


(Photo prise un peu plus tard, sur un napperon made Air B&B)

Gravida, je l'étais bel et bien. Google Translate nous en indiqua la traduction littérale : embarrassée.
Et embarrassée, j'allais bien l'être, ce fut ma première pensée, pour réussir à m'habiller les 9 mois qui suivraient.

Réalistement tienne,

Salomé

mercredi 11 novembre 2015

La durée de vie d'un vêtement de grossesse est l'éternité

Chère Salomé,

Tout d'abord, je crois qu'il est utile de te rappeler que je suis passée par là, moi aussi, il y a bien longtemps maintenant (si on comptait en heures de sommeil manquant, cela ferait encore plus).
J'ai quelques astuces, que je ne te distillerai qu'au compte-gouttes (car elles se méritent, oui!), qui t'aideront à traverser la merveilleuse période qu'est la grossesse.

La première chose, avant d'acheter un de ces habits d'apparat, tu le verras très vite, c'est d'ignorer complètement le côté esthétique de la chose mais plutôt de miser sur le côté pratique (j'ai vu que tu avais d'ores et déjà fait le choix judicieux du top avec ouverture cachée pour laisser passer sans heurt ce téton qui, bientôt, ne demandera qu'à sortir pour sustenter ton cher bambin. Je te félicite pour ce premier pas vers le Nouveau Monde. Bravo).

Mais puisque tu as mentionné le côté économe et que tu veux que ces pièces soient un investissement durable, je ne peux que trop te conseiller de choisir des coupes et des coloris passe-partout, (alors oui, tu auras l'air un peu ordinaire sur le moment, mais est-ce bien le plus important? Et puis, ces 4 derniers mois tu t'es déjà assez faite remarquer avec ces douleurs ligamentaires dont tu n'as cessé de te plaindre, c'est bien simple, on n'entendait que toi dans la queue du Monoprix. Il s'agirait d'être un peu plus digne s'il-te-plaît).
Adieu, donc, petite robe noire ajustée, mettant en valeur ton ventre arrondi ou tes seins gonflés de lait, adieu les petites salopettes tendances du moment qui te feraient un petit derrière de rêve... Mise plutôt sur les "robes sac" droites, ou encore les "tops longs camouflage" puisqu'il s'agit de les rentabiliser... Or, tu verras, que même après avoir accouché, longtemps, longtemps, longtemps après avoir accouché, ils te seront encore utiles!

Je t'avoue qu'il n'est pas rare que j'aille bosser en intégral H&M Mama.
Et je sais ne pas être la seule, puisqu'en allant travailler, hier, j'ai croisé cette dame :


Et je peux te dire, qu'il est compté le temps qui te sépare de ces chaussures "sabots semelles orthopédiques" qui corrigeront ta scoliose, le pull long qui cachera tes fesses stockeuses de graisse, la doudoune matelassée rose pâle pour lutter contre la morosité de l'automne et les racines la moitié des cheveux d'une couleur difficile à identifier.

J'espère t'avoir convaincue et t'avoir ainsi conduite sur le chemin de la raison,

Raisonnablement tienne,
Victoire.

PS : Si tu persistes, malgré tout, à vouloir encore une petite touche de féminité pour rappeler que derrière cette masse que tu traînes, demeure une être humaine, tu peux tenter le rouge à lèvre, quoique...
Je te laisse, car si les Allemands ont capitulé il y a 97 ans, mes enfants, eux, n'ont pas dit leur dernier mot. Le devoir m'appelle.


mardi 10 novembre 2015

La solution à ton problème

Chère Victoire fauchée,

Je confirme, on est loin du mannequin suédois qui fait rêver les petites minettes de 20 ans...
Par contre, on reste bien dans le thème "fauchée", mais plutôt côté matériel photographique. En même temps, tu ne pouvais guère espérer mieux en te faisant tirer le portrait par ton mioche de 3 ans 3/4, il faut bien l'avouer. M'enfin, on fait avec les moyens du bord, n'est-ce pas ?

Pas de panique cependant, Salomé a LA solution à ton problème. Une idée de rubrique toute neuve, et surtout totalement inédite sur la blogosphère, celle qui fera rêver des millions de femmes derrière leur écran, j'ai nommé "la mode de la grosse femme enceinte fauchée".

Kim Kardashian en a rêvé, et c'est pourtant Salomé qui s'y colle.

On y parlera jeans à élastiques, t-shirts plissés sur les côtés, robes d'allaitement, slips confortables, pulls bien longs, soutien-gorges maxi-couvrants, le tout à des prix tout à fait raisonnables, parce que faut pas pousser, on ne compte pas porter ça plus longtemps que nécessaire.

Je te donne un aperçu de cette toute nouvelle tendance, qui rythme maintenant mon quotidien :


(La Redoute, c'est pas très cher, et c'est bien pratique)

Réponds-moi vite, on a un avenir avec ça, non ?

Et si ça ne te convient toujours pas comme rubrique, ma petite Victoire, ça te donnera au moins l'occasion d'arrêter de te plaindre : il vaut parfois mieux être mince mais floue, que grosse et visible.

Chafouinement tienne,

Salomé

lundi 9 novembre 2015

Fauchée comme les blés - Erratum

Chère Salomé,

je suis contrainte d'abandonner l'idée d'une section mode sur ce blog, il faudra trouver autre chose. Tu comprendras par toi même,


Cyniquement tienne,
Victoire.

#projettuédansloeuf #jauraisvouluetreuneartiste #planBvite