mardi 16 mars 2010

Où l'on apprend comment vieillir en toute dignité.

Il arrive, forcément, le moment tant redouté où l'on est l'objet de toutes les attentions,
où l'on ne sait plus quoi dire quand les gens vous lancent avec délectation :
"T'es contente d'avoir... heu... quel âge déjà? 30? 31?",
et où l'on doit compter sur ses doigts pour pouvoir répondre et pour s'apercevoir,
atterrée, que nos deux mains ne suffisent plus.
Ce moment, c'est, évidemment, le jour de notre anniversaire.

Mais alors que vous, simples mortelles, ne pouvez que végéter dans votre canapé, frôlant la dépression et engloutissant, tablettes après tablettes, les douceurs que Mamie Paulette vous a envoyées, les Turbulentes, elles, simples déesses, vous expliquent comment faire pour vivre en toute quiétude ce jour béni des dieux (bon évidemment, quand on commence à avoir trente années dans les dents, mieux vaut commencer à chercher des conseils plus avisés quand même, et un bon anti-rides aussi).

Vieillir c'est cool, vieillir c'est in, vieillir c'est classe.
Surtout quand on s'appelle Salomé (et qu'on a une amie qui s'appelle Victoire).
Vous pouvez donc toujours tenter d'appliquer ces conseils, même si, fatalement, n'est pas turbulente qui veut.

Déjà, on commence par un avis impitoyable, bien que pertinent, dans une cabine d'essayage, à 20h59 si possible, sous les regards meurtriers des vendeuses, pour avoir la tenue parfaite le jour J.


Salomé : La blanche ou la noire ?

Victoire : Ca dépend ? Tu veux avoir l'air mince ?

On poursuit avec un paquet surprise renfermant un cadeau de prestige, 
un repas maison cuisiné avec amour (et c'est le principal, n'est-ce pas!),
et la dégustation d'un met d'une délicatesse infinie, obtenu à la force des bras et à la sueur du front, (mais il est à noter que la motivation d'une turbulente - quand il s'agit de macarons particulièrement- est inébranlable).


Et on termine sur un trottoir, la démarche plus que mal assurée, abandonnant une bouteille de téquila vide sur la banquette arrière, pour entrer dans une salle de concert et prouver que, quel que soit son âge, une turbulente sait garder le monopole de la piste de danse.

Pour cela, on choisira si possible un groupe digne de ce nom, à la hauteur de Turbulentes en délire (et Dieu sait que ce n'est pas facile). 
Les Naïve New Beaters, testés pour l'occasion, paraissent être un choix tout à fait raisonnable (cependant, passez votre chemin si le bonnet péruvien vous semble être une faute de goût incommensurable).


Pour le reste, à vous de voir (vous n'êtes pas des assisté(e)s quand même).

Vous pouvez, dans une tradition turbulesque,
 dans les toilettes, 
une bataille d'eau organiser,


sur la piste de danse, une chorégraphie élaborer,
et ainsi, toute la salle entraîner,


ou encore, finir la soirée, 
fatiguées, mais comblées, 
de vos amis (ou vos amants) entourées.


Avouez... Il vous tarde de vieillir, non ? 












Découvrez la playlist 054 - Anni Salomé avec Naïve New Beaters




samedi 13 mars 2010

Comment Salomé et Victoire ne purent communiquer pendant un temps.

Il y a quelques jours déjà, Salomé, excitée comme une puce, avait retrouvé son amie turbulente qui était partie au bout du monde, la laissant aux tribulations que vous connaissez tous maintenant.

Après l'avoir attendue patiemment, derrière une vitre embuée, le regard perdu dans le lointain, Salomé avait enfin aperçu la silhouette de Victoire et, pour cette occasion, elle avait décidé de faire fi de ses principes (aucun contact tactile plus de quatre seconde) et ce fut une véritable déferlante d'amour qu'elle avait offert à son amie : 
pendant six secondes, ce ne fut qu'embrassades, bisouillades et regards enamourés.



Sa moitié turbulente était revenue, et elles allaient pouvoir, de plus belle, poursuivre leurs aventures.

Oui mais voilà. Quinze jours tropicaux n'allaient pas s'effacer en six secondes, aussi tendres soient-elles.

Et quand les premières paroles furent échangées, des problèmes assez évidents surgirent.





Salomé : Alors? T'es contente d'être rentrée?


Victoire : Ben. 


Salomé : Ben quoi?

Victoire : Ça fait drôle de revoir que des zoreils (1)  tout blancs quand tu rentres, mais je vais vite me réhabituer. Bon, on fait un geste (2)  là, parce que c'est bruyant quand même! Pense à prendre ton linge (3). C'est mol (4) qu'il fasse si froid, quand même.








Salomé : Oh my Gosh. Qui es-tu?
Qu'est-ce qu'ils ont fait de toi?




*

 
C'est ainsi que Salomé dut entreprendre un long travail de réadaptation, 
armée de patience et de courage.
Tout était à refaire.

Mais heureusement, tout rentrerait bientôt dans l'ordre et elles pourraient passer un week-end digne de ce nom.


Lexique (ça peut être utile) :

(1) des hommes blancs
(2) on bouge
(3) ton manteau
(4) moche







Découvrez la playlist 053 - Créole avec Françoise Hardy






mardi 9 mars 2010

Comment Victoire fit la (difficile) transition d'un monde à l'autre.









 



 






*





(Oui, on sait, Victoire montre un petit peu trop de cuisse sur cette photo...
Mais que voulez-vous?
En bonne roturière mal dégrossie, elle ne sait pas se tenir.)




Découvrez la playlist 052 - Ile de la Réunion t.3 avec MiMüNiZ

vendredi 5 mars 2010

Où l'on fait la peau à Salomé.

Deux semaines déjà que Victoire avait quitté Salomé, et cette dernière, tout d'abord condamnée au nettoyage de carreaux et autres joyeux divertissements, avait décidé, finalement, de ne pas se laisser abattre. 

Jour après jour, elle avait lutté corps et âme pour que ses congés métropolitains soient à la hauteur des vacances insulaires de Victoire. 


Elle commença d'abord par appeler sa super copine Camille, et recevoir, par la même occasion, son cadeau de Noël 2009 : un brunch de luxe chez Mariage Frères (chouette idée, Camille).






Un premier pas pour oublier la soupe Royco et les tisanes nuits solitaires tranquilles.


Pour éliminer tout ça, Salomé dégaina ensuite le cadeau de Noël 2008 (oui, vous avez bien lu) de sa soeur Emmy (jamais à cours de chouettes idées) :

le hammam !








Parce qu'il n'y a pas de raison qu'une seule turbulente profite de la chaleur, non mais.


Le hammam, c'est formidable, surtout quand on a pu se préparer psychologiquement à se retrouver nue devant une centaine de personnes en général, et devant sa super copine en particulier.


Et Salomé, non, n'avait pas eu le temps de se préparer. 
On a beau partager une amitié profonde, rares sont les occasions de voir les seins de sa copine de si près, et les deux starlettes, rougissantes, ne purent tout d'abord regarder que leurs pieds. Le spectacle n'était pas réjouissant et, hésitantes, elles finirent par regarder autour d'elles. Le nombre de seins était relativement impressionnant... Et les formes de certains également... 


Salomé et Camille, finalement, réussirent à se regarder bien dans les seins yeux et, fières de leurs courbes, s'acheminèrent dignement vers les mammas de cent kilos qui les attendaient de pied ferme, pour le gommage (parce que Victoire, qu'on se le dise, ne serait pas la seule à faire son intéressante en perdant sa peau).


Quinze minutes plus tard, et quinze kilos de peau en moins ("plus jamais" répétait Salomé, rouge sang des oreilles aux orteils), nos deux amies se retrouvèrent autour d'un thé à la menthe et de quelques douceurs orientales, histoire de se remettre de leurs émotions.







Enfin, après avoir réussi à s'échapper du sauna avant l'évanouissement et à retrouver miraculeusement la combinaison de leur casier au vestiaire, il fut temps de repartir, en espérant bientôt revenir (ben oui, c'était chouette, non ?)





Pauvres naïfs...Pensez-vous vraiment que l'histoire s'arrête là ? 

Victoire avait la chaleur, Salomé l'avait eue.
Victoire n'avait plus de peau, Salomé n'en avait plus beaucoup non plus.


Mais Victoire n'avait pas la neige !
Et Salomé, elle, l'aurait.






Oui, oui, c'est bien elle, dans le Jura, véritable déesse en raquettes.
Alors Victoire, on fait moins sa maligne, hein ?




(Oui, bon, là aussi, c'est bien elle...)









Découvrez la playlist la revanche de Salomé avec Caravan Palace

mardi 2 mars 2010

Où l'on découvre les petits désagréments d'être une parisienne hyperactive.

Voilà déjà plus d'une semaine que Victoire est arrivée à la Réunion et qu'elle a eu le temps de s'acclimater :
aux margouillats qui viennent, la nuit, lui chatouiller les pieds ;
aux footings improvisés, à 6h00 du matin, au parcours de santé ;
au goût sucré de l'ananas, fraîchement coupé, au petit déjeuner ;
et aux rires des enfants qui, en sautant sur son lit, viennent chaque matin la défier.

Alors Victoire a, plus que jamais, de l'energie à revendre.
Elle veut profiter pleinement de ses vacances et le crie haut et fort à qui veut l'entendre.

Dès le troisième jour, elle décrèta qu'elle devait connaître l'île de fond en comble.
Pour cela, rien de tel qu'une bonne randonnée.  
Elle décida donc d'entraîner Martine dans une folle ascension.




Victoire : C'est quoi ce truc là-bas, qui pointe le bout de son nez?

Martine : C'est le Pyton de la Fournaise.

Victoire : A l'abordage, moussaillon!


Il fallut tout d'abord franchir une route crevassée dans une auto sans amortisseurs,
franchir une tour infernale de marches (en toute objectivité, elles en avaient comptés un million)
et enfin traverser une zone aride dénuée de toute végétation (et donc, de toute ombre : vous comprendrez plus bas en quoi ça peut être important).
 avant d'atteindre le sommet du volcan, la cime des nuages : l'Olympe.








Il va sans dire que le spectacle valait les 3h de marche à travers les roches volcaniques noires, les graviers glissants et les crevasses sans fond.
Mais quand Victoire, insouciante à ses heures perdues, se rendit compte qu'il fallait faire le chemin retour, il était trop tard : sa peau sentait déjà le brûlé (le poulet grillé pour être plus exacte).

L'ampleur des dégâts se révéla complètement le lendemain : peau rouge de coccinelle, cloques jaunes de poussin et larmes bleues de crocodile.

Le verdict du médecin appelé en renfort fut sans appel : brûlures au deuxième degré.
Les vacances étaient finies.
Toute exposition à la lumière naturelle était bannie alors même qu'elle n'avait pas encore eu la chance de tremper un doigt de pied dans l'océan Indien.
Son vocabulaire se résumerait désormais aux noms de ses trois nouvelles meilleures amies :
Biafine, Béthadine et Flammazine.

*

Cloitrée à la case, Victoire prit donc enfin le temps de découvrir les joies de la vie créole.








NDLR : L'application du masque de Biafine plus de huit fois par jour peut provoquer des effets secondaires surprenants. Nous vous mettons en garde.



Découvrez la playlist 050 - Ile de la Réunion t.2 avec Feist